Bar-sur-Seine
La mémoire de la commune
Bar-sur-Seine (prononcé [baʁ syʁ sɛn]) est une commune française, située dans le département de l'Aube en région Grand Est.
Au fil de l’histoire
La route de l'étain reliait la Grande-Bretagne à la Méditerranée en empruntant la vallée de la Seine, l'importance de cette artère commerciale était bien connue des Celtes et a donc été anciennement peuplée. Le Barséquanais dépendait du Pagus Latiscensis (Lassois), un des 8 ou 9 pagi qui constituaient la cité des Lingons (Gaule celtique). Les Lingons, comme les Rèmes, restent fidèles à César lors de la conquête des Gaules, y compris lors de la grande révolte de 53-52. est probablement détruite une première fois en 298 ou en 351/357, puis reconstruite.
Comme partout en Occident, les fonctionnaires locaux s'émancipent du pouvoir royal et obtiennent l'hérédité des honneurs (charges) par le capitulaire de Quierzy (juin 877). Après le siège de Paris (885-887) levé car Charles le Gros paye une rançon aux Normands et les autorise à aller piller la Bourgogne, ceux-ci remontent la vallée de la Seine et détruisent définitivement Latisco (887/888), ce qui entraîne la séparation du Barséquanais de ce qui reste du Lassois.
Le nom de Bar-sur-Seine n'est attesté avec certitude qu'en 1068 sous la forme BARRUM car le Pagus Barrensis mentionné au IXe siècle se rapporte à Bar-sur-Aube.
Bar-sur-Seine monnaye des deniers sous Charles II le Chauve.
Ermengarde, [de Bar(-sur-seine)], probable fille de Rainard de Bar-sur-Seine, aurait apporté le comté de Bar aux comtes de Tonnerre, les Milonides, par son mariage avec Miles [IV] († v. 1002/3).
Leurs fils, Renard/Rainard et Miles (Mille, Millon) [V] hérites des deux comtés.
Hugues-Renaud de Bar, comte de Tonnerre et de Bar(-sur-seine) (v.1046), puis évêque de Langres (1065-1085), cède vers 1070 le comté de Bar à sa sœur Eustachie, épouse de Guillaume Ier/Gautier Ier, comte de Brienne.
Milon II, troisième fils des précédents, hérite du comté (vers 1080, décédé en 1125 ou 1126).
Gui, fils du précédent, comte de Bar en 1125 ou 1126, décédé en 1146 ou 1147.
Milon III, fils du précédent, comte de 1147 à 1150.
Manassés, évêque de Langres, frère de Gui, administre le comté pour sa nièce mineure Pétronille, fille de Milon III.
Pétronille gère le comté à partir de son mariage (vers 1168) avec Hugues du Puiset (décédé en Ardech, Angleterre, en novembre 1189)
Milon IV, comte de Bar-sur-Seine (1189), fils de Pétronille et de Hugues du Puiset, également seigneur du Puiset et vicomte de Chartres (1190). Décède le 18 ou 19 août 1219 au siège de Damiette.
Les neveux et nièces de Milon IV vendent leurs droits au comte de Champagne Thibault IV.
Le comté passe dans le domaine royal en 1285.
La ville est affranchie de la mainmorte en 1198.
Avec le traité d'Arras (1435), Bar passe alors aux États de Bourgogne. La ville de Bar est prise par l'armée royale le 7 juin 1475 et brûlée, le château fort en partie détruit. Elle repasse au domaine royal en 1477 avec la mort de Charles le Téméraire.
En 1577, l'ambassadeur vénitien Lippomano décrit une ville « dont le château et les murailles paraissent être faites de terre battue dont les Polaques (Polonais) font les leurs, de même que les habitations qui sont construites de bois et de terre ». À la même époque, le château (en ruines) est décrit comme un triangle isocèle et comprend sept tours, dont celle de l'horloge.
Terre de passage et de frontière, Bar est prise par les huguenots en 1562 puis par les ligueurs en 1563. Entre 1589 et 1595 elle est sept fois assiégée.
À la fin de l'Ancien Régime, le bailliage et l'élection de Bar-sur-Seine relèvent de la Bourgogne mais suivent la coutume de Troyes et ressortissent du Parlement de Paris tout en dépendant du diocèse de Langres
Bar fut le siège d'un bailliage. L'Intendant de Bourgogne Ferrand décrit le bailliage comme ayant un président, un lieutenant civil et criminel, un commissaire encaisseur et examinateur, un avocat du roi, un procureur du roi et un greffier du roi.
Guy de Lantaiges-Bonnot fut bailli et héritier de Guyot Bonnot, dont il prit le nom.
Sous l'Ancien Régime, Bar est le siège d'une maîtrise des eaux et forêts. Au XVIIe siècle, le tribunal des eaux et forêts qui règle les litiges se compose d'un maître particulier, d'un lieutenant, d'un procureur du roi et d'un garde marteau greffier. Il est arrivé que le poste soit tenu par le bailli de Bar.
Il y a un grenier à sel à Bar pendant l'Ancien Régime.
Le doyenné de Bar-sur-Seine, compris dans l'Archidiacconé du Lassois, n'était pas attaché à aucun siège fixe, la cure de Bar-sur-seine n'étant point à la nomination de l'évêque.
Les origines du nom
On retrouve le terme Bar, Barre dans le nom d'autres villes avec configuration identique (Bar-sur-Aube, Bar-Le-Duc, Montbard), construites au sommet d'une colline et qui ont ensuite migré dans la plaine.
Un patrimoine à découvrir
Vestiges de l'ancien château de Bar-sur-Seine détruit par les habitants sur ordonnance de Louis XIII inscrit MH. Ce dernier avait déjà été gravement endommagé au cours des guerres de Religion.
Maison en pans de bois du XVIe siècle inscrite MH.
Porte de Châtillon inscrite MH.
Domaine de Villeneuve (du directeur de l'ancienne papeterie) et son pigeonnier inscrit MH.
Ancienne papeterie actuellement coopérative vinicole au lieu-dit Villeneuve.
Ancien moulin qui enjambe la Seine en centre-ville, bâtiment magnifique mais en mauvais état, et dont la rénovation est prévue en 2020.
Maison familiale des frères Goncourt.
Souterrains refuges : datant de l'époque carolingienne, malheureusement non accessibles au public car ils partent de la cave de la mairie.
Salle basse : ancienne salle basse du château des comtes de Bar. Son utilisation reste encore aujourd'hui un mystère...
Les sentier de grande randonnée GR2 et GR654 traversent la commune.
Pont de Villeneuve : pont routier en maçonnerie sur la Seine.
Hôtel de la Caisse d'épargne
Le Lasçois était le siège d'un archidiaconé, tout d'abord situé à Lasticum puis à Châtillon-sur-Seine. Il est difficile de dire quand a été créé le diaconé de Bar, mais la liste des doyens est fournie par l'abbé Roussel cité en bibliographie.
Église Saint-Étienne classée au titre des monuments historiques en 1907.
Chapelle de la commanderie d'Avalleur (Ordre du Temple) classée MH.
Chapelle de la Passion.
Chapelle Notre-Dame-du-Chêne et sa grotte.
Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Bar-sur-Seine.
Des vies liées à la commune
Jeanne Ire de Navarre, née à Bar-sur-Seine (1273-1305), reine de Navarre de 1274 à 1305 et reine de France de 1285 à 1305.
Pierre Poupo, né à Bar-sur-Seine (1552-1590), poète, auteur de La Muse Chrestienne.
Jean Bonnefons (1554-v. 1614), poète néolatin, exerce pendant une trentaine d'années la charge de lieutenant général à Bar-sur-Seine.
Jean-Baptiste Victor Chanez, né à Bar-sur-Seine (1746-1825), général des armées de la République et de l'Empire, baron d'Empire le 5 février 1814.
Nicolas Chaponnet (1749-1798), homme politique né à Bar-sur-Seine, maire de Bar-sur-Seine, député de l'Aube de 1791 à 1792.
Pierre Paul Alexandre Bouchotte (1754-1821), homme politique, député du tiers aux Etats-Généraux.
Alexandre de Ferrière, né à Bar-sur-Seine (1771-1848), auteur dramatique, écrivain, éditeur et journaliste.
Arsène Olivier (1823-1895), ingénieur né à Landreville, fit don de sa collection archéologique à la ville.
Albert Guyard (1846-1913), homme politique, député de l'Aube de 1898 à 1902.
Paul Portier, né à Bar-sur-Seine (1866-1962), zoologiste et biologiste marin français (travaux sur l'anaphylaxie).
Les frères Goncourt Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt y font de nombreux séjours entre 1834 et 1878.
Le paysage et le village
La ville est située à 33 km au sud-est de Troyes.
Les communes limitrophes sont .
Autour de Bar-sur-Seine, le paysage est vallonné.
La commune est dans la région hydrographique « la Seine de sa source au confluent de l'Oise (exclu) » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Seine, l'Ource, l'aqueduc Souterrain, le cours d'eau 01 des Moulins, la Seine, l'Ource et l'Ource.
Les caractéristiques hydrologiques de la Seine sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de 24 m3/s. Le débit moyen journalier maximum est de 315 m3/s, atteint lors de la crue du 17 janvier 1955. Le débit instantané maximal est quant à lui de 285 m3/s, atteint le 25 janvier 2018.




